Saint Pierre le Jeune

Prédication de carême du Dimanche 25 mars 2018 : Pardonne-nous nos offenses…



Rameaux - Notre Père 5 - Prédication donnée par le pasteur Philippe Eber à Saint Pierre le Jeune le dimanche 25 mars 2018 : Pardonne-nous nos offenses…

Avec cette demande, la cinquième de l’oraison dominicale, nous voici au cœur de la vie chrétienne. Cette demande se retrouve dans le récit de Matthieu et de Luc avec quelques variantes cependant. En effet, si Matthieu dit : pardonne-nous nos dettes, nos torts, Luc rapporte pardonne-nous nos péchés. (1)

Depuis la chute (2), notre relation à Dieu, mais aussi avec notre prochain semble perturbée, c’est la rupture qu’évoque justement Luc lorsqu’il dit : pardonne-nous nos péchés ! Mais Dieu a pris l’initiative de rétablir la relation avec l’homme non pas comme avant la chute, mais par la grâce du pardon !

Le psalmiste chante la louange de ce Dieu qui pardonne : Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent, écoute ma prière Seigneur (3). Si tu retiens, les fautes, Seigneur, qui subsistera ? Mais près de toi se trouve le pardon pour que l’homme te craigne. (4) Au prophète Néhémie de constater : tu es le Dieu qui pardonne, tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour. (5) Pour autant, le psalmiste a raison de s’interroger : qui sans le pardon peut subsister ?

Dieu est puissance de pardon, et Jésus s’incarne délibérément ce pardon offert par Dieu ! Joachim Jeremias écrivait : Au-dessus de la sainteté de Dieu, Jésus place la grâce de Dieu. (6) De l’histoire de Sodome et de Gomorrhe jusqu’aux paraboles racontées par Jésus, nous entendons la voix supplier le Seigneur de l’univers, donne encore un peu de temps… (7) Un peu de temps pour porter du fruit, un peu de temps à l’homme pour se retourner vers le Seigneur et s’ouvrir à son pardon comme le fera le fils appelé prodigue ! (8)

Sans la grâce du pardon, qui pourrait subsister ? Si le pardon est l’effet de l’amour inconditionnel de Dieu, l’apôtre Paul dirait plus volontiers de la grâce de Dieu, le croyant ne peut pleinement le recevoir que lorsqu’il se reconnait pauvre (9), et en tendant avec confiance ses mains vers le Père (10).

Dans la prière de Jésus, la demande de pardon adressée à Dieu est intimement liée au pardon que nous offrons délibérément aux autres. Mais, quel rapport cette demande établit-elle entre le pardon de Dieu envers nous et le pardon de nous envers les hommes ? Le rapport n’est apparemment pas exactement le même dans Matthieu et dans Luc. Matthieu dit : comme nous avons pardonné, alors que Luc suggère comme nous pardonnons. Pourtant dans les deux cas […] le pardon de Dieu est subordonné à notre propre pardon ! (11)

N’est-ce pas ce qu’évoquait déjà Jésus lorsqu’il suggérait à ses disciples : lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. (12)

Le pardon de Dieu est intimement lié à la réconciliation avec le prochain ! Jésus insiste sur cette dimension fondamentale du pardon, et si d’aventure ces deux dimensions du pardon étaient séparées l’une de l’autre tout cela ne serait que cuivre qui résonne ou une cymbale retentissante (13)! D’ailleurs, Jésus lui-même sur le bois de la croix implorera son Père : Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. (14)

Force est de constater que le pardon de Dieu est intimement lié au pardon que nous donnons. L’un ne peut aller sans l’autre !

Si comme le dit Marion Muller-Collard, le péché est l’auto-punition que nous nous infligeons quotidiennement, (15) le pardon que nous recevons pour le partager est la libération du moi qui m’obsède. J’emprunte cette intuition à Simone Weil : La remise des dettes, c’est le renoncement à sa propre personnalité. Renoncer à ce que j’appelle moi. (16)

Ainsi, le pardon que nous implorons est toujours réconciliation : Laissez vous réconcilier s’écrie l’apôtre Paul (16) ! Laissez-vous réconcilier par Dieu, laissez-le réparer toutes nos relations enchevêtrées ou brisées. Le pardon restera toujours un combat, rude, mais qui rend heureux. Le pardon ne gomme pas l’offense –de la même façon que la résurrection ne gomme pas la croix –mais il la dépasse. En cela, il a le goût de Pâques ! (18)

(1) Luc 11,4
(2) Genèse 3,1-24
(3) Psaume 86,5
(4) Psaume 130,5
(5) Néhémie 9,17
(6) Joachim Jeremias, Théologie du Nouveau Testament, p 179
(7) Luc 13,8
(8) Luc 15,11-32
(9) Luc 6,20
(10) Psaume 143,6
(11) Max-Alain Chevallier, Lire le Notre Père p.32
(12) Matthieu 5,23-24
(13) 1 Corinthiens 13,1
(14) Luc 23,34
(15) Marion Muller-Collard, Le plein silence p.70
(16) Simone Weil, Le Notre Père p.49
(17) 2 Corinthiens 5,17-21
(18) Père Guy Lescanne, La Croix 17 mars 2018




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Journées Européennes du Patrimoine 2020

Journées Européennes du Patrimoine 2020

Vendredi 18 septembre 
18h30 
Le jubé et son histoire (Rémi Kick)
20h     La nuit à Saint-Pierre-le-Jeune (Philippe Eber)

Samedi 19 septembre 
10h     
Les clés de voûte (Philippe Eber)
11h     Les endroits secrets (Jérôme Ruch) - COMPLET
14h     Les peintures de la collégiale (Philippe Eber)
14h30 Les endroits secrets (Jérôme Ruch)*
15h     Les orgues de la collégiale (Philippe Eber)
16h     Les endroits secrets (Jérôme Ruch) - COMPLET
17h     Saint-Pierre-le-Jeune surprenant (Philippe Eber)
20h     Lecture à la tombée de la nuit (Philippe Eber)

Dimanche 20 septembre 
14h     
Les vitraux de Saint-Pierre-le-Jeune (Fritz Westphal)
15h     La ville de Strasbourg et la collégiale (Rémi Kick)
16h     Le cloître et ses tombeaux (Philippe Eber)
17h     La construction de la nef au XIIIe et XIVe siècles (Philippe Eber)

*Inscription à l'accueil de l'église

Christine Wendling
01/09/2020



Deux postes d’organiste au concours

Deux postes d’organiste au concours
 
L’église-collégiale Saint-Pierre-le-Jeune protestant de Strasbourg représente un lieu phare du paysage spirituel et culturel strasbourgeois et offre un potentiel important en termes de développement culturel. L’orgue de Jean-André Silbermann a été construit en 1780, reconstruit en 1950 par la Maison Muhleisen et a été restauré en 2014 par le facteur d’orgue Quentin Blumenroeder.
Dans le cadre d’une réorganisation du service de l’orgue, le Conseil presbytéral met au concours un poste d’organiste. Les candidatures seront traitées par un jury composé notamment de membres du Conseil presbytéral et d’organistes reconnus, parmi eux un professeur de conservatoire.
Les candidats présélectionnés attestent d’une formation de musicien professionnel ou équivalente. Des compétences en matière de direction artistique représentent un plus. Dans le cadre d’une audition d’une demi-heure, d’un entretien d’embauche et de l’accompagnement d’un culte, ils démontrent leur sens de la liturgie, leur maîtrise d’un répertoire varié de haut niveau et leur talent d’improvisateur.
Les organistes titulaires de Saint-Pierre-le-Jeune sont membres de droit de l’Association culturelle de Saint-Pierre-le-Jeune que les autorités paroissiales ont mandatée pour l’organisation et le suivi des manifestations culturelles à Saint-Pierre-le-Jeune. Dans ce contexte, les organistes portent le souci de la qualité et de l’excellence de l’offre culturelle à Saint-Pierre-le-Jeune et de l’image de la paroisse auprès du grand public.
Ils sont également appelés à collaborer ponctuellement avec la chorale paroissiale.
 
Les candidatures sont à transmettre au pasteur Philippe Eber
3 Rue de la Nuée Bleue 67000 Strasbourg, avant le 30 septembre 2020.
Pour toute question, vous pouvez le contacter au 06 73 25 27 47.

 




L’église-collégiale Saint-Pierre-le-Jeune




Ouverte tous les jours de 12h-18h
 


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