Le cloître, lieu d’écoute et de résonance, il relie le dehors et le dedans : il abrite le silence sans fermer le monde.
Par sa forme, par son souffle, il incarne cette tension entre la nature et l’intériorité qui traverse nos deux démarches.
L’un et l’autre, nous peignons avec la nature, chacun depuis un lieu d’expérience différent — le jardin pour Christophe Wehrung, la forêt pour Marie-Jo Daloz — mais dans un même élan d’attention.
Dans le cloître, ces deux espaces se répondent : le jardin, cultivé, ordonné, ouvert à la lumière ; la forêt, plus archaïque, plus obscure, où l’on s’égare parfois pour mieux se trouver.
Le cloître offre cette possibilité rare : faire coexister le sauvage et le mesuré, l’éclat et l’ombre, la présence et le retrait. Son architecture circonscrite, ouverte sur un centre souvent végétal, évoque la respiration même de la peinture : un espace où tout se concentre pour mieux rayonner. Ici, la lumière et la matière, l’esprit et la terre, cessent de s’opposer.
Comme le jardin et la forêt, ils se tiennent dans un même cercle de correspondance.
Exposer dans un cloître, c’est inscrire la peinture dans un lieu de passage entre le visible et l’invisible, le profane et le sacré. C’est retrouver, à travers le geste pictural, cette forme d’unité que le monde moderne fragmente sans cesse. Loin de toute démonstration, nos peintures cherchent simplement à écouter, à
accueillir — dans la lenteur et le silence.
Aujourd’hui, où le bruit et la vitesse saturent l’attention, le cloître devient un espace de résistance poétique. Il invite à une écoute partagée, à une humilité face au vivant.
À l’image du colibri, nos gestes sont modestes, mais ils affirment ce lien essentiel entre la nature et l’humain. Peindre ici, dans cet espace où le visible semble parfois donner à entendre, c’est tenter de rendre perceptible ce murmure du monde — voir les voix.







