Saint Pierre le Jeune

De la réforme au XIXe siècle



Portrait de Wolfgang Capiton, réformateur strasbourgeois et premier pasteur de Saint-Pierre-Le-Jeune
En 1524, l'église et la paroisse devinrent protestantes. Le réformateur Wolfgang Capiton en fut le premier pasteur. Néanmoins, le chapître étant resté catholique, il conserva la jouissance du chœur pour les séances solennelles du chapître et l'intronisation des chanoines. Mais pour le reste, le chapitre émigra à Molsheim.
Après le rattachement de Strasbourg au Royaume de France, en 1681, et bien que l'acte de capitulation de la ville ne mentionna pas Saint-Pierre-Le-Jeune, à la demande des chanoines du chapître et sur ordre de Louvois, l'Intendant du Roi La Grange décida en 1682 de faire murer le jubé et d'ériger au-dessus de celui-ci un mur de séparation entre la nef et le chœur.
Dès lors, le chapître reprit ses activités et la paroisse catholique prit possession du chœur. Elle le fit aménager pour les besoins de la messe catholique: un grand maître-autel fut construit qui plus tard, quand les catholiques quittèrent à nouveau l'église, fut démonté et transporté à l'église de Rosteig; elle fit construire des boiseries, des stalles et une grande chaire baroque richement ornées des armoiries du chapitre et des Princes-évêques de Rohan. De leur côté, les protestants, pour se démarquer de ce qui apparaissait désormais comme « trop catholique », recouvrirent les peintures murales d'un badigeon blanc, et réorientèrent l'église: l'autel et la chaire se trouvaient devant le deuxième pilier de la nef, côté nord, et les bancs furent orientés de façon à regarder tous vers la chaire, selon le modèle de la « Predigerkirche » suisse.
La Révolution française apporta de multiples soubresauts. Le 15 janvier 1791 le chapître cessa d'exister par décret gouvernemental, et ses biens furent confisqués et vendus. La plupart des chanoines émigrèrent. Les révolutionnaires s'en prirent au grand portail sud: un grand nombre de statues furent démolies ainsi que les sculptures du tympan. En 1793, sur ordre du maire révolutionnaire Monet, tous les objets du culte précieux furent confisqués et les trois cloches furent fondues pour fabriquer des canons pour les armées de la république. L'église fut fermée et transformée en grenier à foin, plus tard en magasin de viande pour l'armée. Le culte fut interdit; néanmoins le pasteur Leonhard continua à célébrer des cultes dans la salle de l'Auberge de la charrue, rue du Faubourg de Pierre, jusqu'à ce qu'il fut arrêté et, avec d'autres pasteurs et prêtres, incarcéré au Grand Séminaire transformé en prison.

Portrait de Wolfgang Capiton, réformateur strasbourgeois et premier pasteur de Saint-Pierre-Le-Jeune Portrait de Wolfgang Capiton, réformateur strasbourgeois et premier pasteur de Saint-Pierre-Le-Jeune
Le culte fut rétabli en 1795 mais ce n'es tqu'un an plus tard que la paroisse put réintégrer l’église après les réparations indispensables.
En 1784, le clocheton gothique, au-dessus du chœur, fut démoli parce qu'il menaçait de s'effondrer. Il fut remplacé par ce que les Strasbourgeois appelleront un « kiosque indochinois » surmonté en 1799 d'un télégraphe assurant la ligne Strasbourg - Mayence. En 1900, le restaurateur de l'époque, Carl Schaefer, a rétabli un clocheton néogothique.
Au milieu du XIXe siècle, sous l'impulsion du pasteur Frédéric Horning, nommé à Saint-Pierre-Ie-Jeune en 1846, la paroisse devint le point de départ et le centre d'un mouvement que l'on appellera le « réveil luthérien ». Une épitaphe à la mémoire de ce pasteur se trouve sur le mur nord de l'église, entre la chapelle des Zorn et la chapelle Saint-Nicolas.
Une seconde fois, l'église dut être fermée pour un certain temps en 1870: la population du Faubourg de Pierre, qui fut entièrement détruit par les bombardements d'août 1870, s'est réfugiée dans l'église et y a vécu pendant plusieurs semaines. Le culte fut célébré pendant ce temps dans une salle de la rue Sainte-Hélène. Ce bombardement a également détruit une grande partie de la toiture de l'église et fait éclater tous les vitraux anciens. Les vitraux actuels sont tous des reconstitutions ou des inventions de la fin du XIXe siècle.

À plusieurs reprises, les catholiques tentèrent d'obtenir le« simultaneum » pour l'ensemble de l'église, en vain. À la fin du XIXe siècle il devint cependant évident que le chœur de l'église était devenu trop petit pour la paroisse catholique. La ville de Strasbourg décida alors de construire pour elle une nouvelle église à la place de la caserne Finkmatt, qui fut démolie. En même temps, la ville confia à Carl Schaefer, professeur à l'école polytechnique de Karlsruhe et spécialiste reconnu de l'art médiéval, le soin de mener les travaux de restauration de l'église entièrement rendue au culte protestant. Les travaux durèrent de 1897 à 1901 (le mur de séparation fut démoli les 2 - 4 mars 1898), les fresques et peintures murales furent remises à jour et restaurées, l'église fur réorientée vers l'est et un nouvel autel et une nouvelle chaire furent construits. Ces travaux donnèrent à l'église le visage que nous lui connaissons aujourd'hui




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Journées Européennes du Patrimoine 2020

Journées Européennes du Patrimoine 2020

Vendredi 18 septembre 
18h30 
Le jubé et son histoire (Rémi Kick)
20h     La nuit à Saint-Pierre-le-Jeune (Philippe Eber)

Samedi 19 septembre 
10h     
Les clés de voûte (Philippe Eber)
11h     Les endroits secrets (Jérôme Ruch) - COMPLET
14h     Les peintures de la collégiale (Philippe Eber)
14h30 Les endroits secrets (Jérôme Ruch)*
15h     Les orgues de la collégiale (Philippe Eber)
16h     Les endroits secrets (Jérôme Ruch) - COMPLET
17h     Saint-Pierre-le-Jeune surprenant (Philippe Eber)
20h     Lecture à la tombée de la nuit (Philippe Eber)

Dimanche 20 septembre 
14h     
Les vitraux de Saint-Pierre-le-Jeune (Fritz Westphal)
15h     La ville de Strasbourg et la collégiale (Rémi Kick)
16h     Le cloître et ses tombeaux (Philippe Eber)
17h     La construction de la nef au XIIIe et XIVe siècles (Philippe Eber)

*Inscription à l'accueil de l'église

Christine Wendling
01/09/2020



Deux postes d’organiste au concours

Deux postes d’organiste au concours
 
L’église-collégiale Saint-Pierre-le-Jeune protestant de Strasbourg représente un lieu phare du paysage spirituel et culturel strasbourgeois et offre un potentiel important en termes de développement culturel. L’orgue de Jean-André Silbermann a été construit en 1780, reconstruit en 1950 par la Maison Muhleisen et a été restauré en 2014 par le facteur d’orgue Quentin Blumenroeder.
Dans le cadre d’une réorganisation du service de l’orgue, le Conseil presbytéral met au concours un poste d’organiste. Les candidatures seront traitées par un jury composé notamment de membres du Conseil presbytéral et d’organistes reconnus, parmi eux un professeur de conservatoire.
Les candidats présélectionnés attestent d’une formation de musicien professionnel ou équivalente. Des compétences en matière de direction artistique représentent un plus. Dans le cadre d’une audition d’une demi-heure, d’un entretien d’embauche et de l’accompagnement d’un culte, ils démontrent leur sens de la liturgie, leur maîtrise d’un répertoire varié de haut niveau et leur talent d’improvisateur.
Les organistes titulaires de Saint-Pierre-le-Jeune sont membres de droit de l’Association culturelle de Saint-Pierre-le-Jeune que les autorités paroissiales ont mandatée pour l’organisation et le suivi des manifestations culturelles à Saint-Pierre-le-Jeune. Dans ce contexte, les organistes portent le souci de la qualité et de l’excellence de l’offre culturelle à Saint-Pierre-le-Jeune et de l’image de la paroisse auprès du grand public.
Ils sont également appelés à collaborer ponctuellement avec la chorale paroissiale.
 
Les candidatures sont à transmettre au pasteur Philippe Eber
3 Rue de la Nuée Bleue 67000 Strasbourg, avant le 30 septembre 2020.
Pour toute question, vous pouvez le contacter au 06 73 25 27 47.

 




L’église-collégiale Saint-Pierre-le-Jeune




Ouverte tous les jours de 12h-18h
 


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